The Wealth Report, bilan!

Naef Prestige | Knight Frank, spécialiste de l’immobilier de luxe en Suisse romande, a présenté ce mardi 19 mars, pour la 8e année consécutive la 13e édition de l’étude « The Wealth Report » axé sur les principaux thèmes mondiaux de la gestion de fortune et de l’investissement immobilier. Ce rapport offre un aperçu unique sur les attitudes, les investissements et les choix des individus ultra-fortunés (UHNWI) du monde entier.

Malgré une perspective de croissance pessimiste, liée aux tensions commerciales, aux évènements politiques (dont le Brexit) et au risque de remontée des taux d’intérêts, la création de richesse restera constante en 2019. Les ultra-fortunés sont confiants et attendent une augmentation de leur fortune en 2019. Sans surprise, cette tendance est plus fortement marquée aux États-Unis. En 2019 et pour la première fois, le nombre de millionnaires en US$ devrait dépasser les 20 millions.

 

Le climat économique influence les stratégies d’investissement
Au niveau mondial l’immobilier reste la seconde classe d’actif avec 21% (27% en Europe) derrière le marché des actions (27%) mais devant le marché obligataire (20%) et le cash (17%).
Cependant, le climat économique mondial pousse les investisseurs à plus de prudence, ce qui se traduit directement dans l’allocation de leurs investissements sur les 12 derniers mois. Par rapport à 2017, l’investissement dans le cash a en effet bondit de 45% alors que celui dans le marché des actions à baissé de 7%.
Dans ce climat d’incertitude le marché immobilier continue à jouer son rôle de valeur refuge avec une progression de 20% au cours de l’année 2018.

Les riches toujours plus nombreux
Le nombre de millionnaires augmente et avec eux la demande de résidences de prestige. Selon les sondages d’attitude, 63% de la population mondiale a vu sa richesse augmenter en 2018.
Même si la croissance est moins forte que les années précédentes, le nombre de UHNWI (Ultra High Net Worth Individuals) – fortune supérieure à 30 millions de dollars, a progressé de 4% en 2018, ce qui porte le nombre d’individus à près de 200.000 dans le monde (198 242 précisément). L’Europe abrite le plus grand nombre d’entre eux avec 70.000 individus (35%), suivi de l’Amérique du Nord (52.000, -26%) et de l’Asie (48.000,-24%).
Dans le cercle très restreint des milliardaires (2.229 individus fin 2018), c’est l’Asie, avec 35% de la population qui devance l’Amérique du Nord (32%) et l’Europe (22%).
Les prévisions sont très optimistes, on estime en effet à 22% la croissance du nombre de UHNWI au cours de cinq prochaines années soit une augmentation de 43.000 individus. C’est en Europe que la plus forte croissance est attendue avec 24% contre respectivement 23% et 18% en Asie et en Amérique du Nord. Quant au nombre de milliardaires asiatique, il devrait croître de 26% sur la même période.

La Suisse continue d’attirer les fortunes mondiales
Grâce à sa réputation de lieu de refuge de part son économie, sa devise forte, ainsi que l’importance accordée à la privacité et à la sécurité, la Suisse reste toujours la destination privilégiée des personnes les plus fortunées.
Selon l’étude menée par Knight Frank, l’attractivité de la place suisse reste forte. Lorsque l’on demande aux grandes fortunes de ce monde où ils envisagent se délocaliser, la confédération arrive en cinquième place au niveau mondial et sur la plus haute marche pour les européens. En effet, 2.5% des UHNWI et 1.6% des millionnaires recensés dans le monde, ont choisi la Suisse pour lieu de résidence principale. En Suisse, 1 habitant sur 24 est millionnaire et on y croise plus de UHNWI (4.800) que sur tout le territoire français.

Une première : le Whisky plus cher que le vin
Chaque année l’étude analyse l’évolution des autres classes d’actifs, « objets du désir », telles que l’art, le vin, les voitures, les montres ou encore les monnaies dont la valeur globale s’est appréciée de 9% sur les 12 derniers mois. Du côté des records, on notera une bouteille de Whisky Macallan de 1926 peinte par l’artiste irlandais Michael Dillon, adjugée pour la somme de 1.5 millions de dollars. Hormis le Whisky, avec 40% de croissance, la monnaie est la classe d’actif qui a été le plus plébiscitée au cours des 12 derniers mois avec une appréciation de 12%. De l’autre côté, l’art qui avait connu une année record en 2017 (+21%) a revu sa croissance à la baisse cette année (+9%) mais reste avec le vin une valeur sure.
Sur les 10 dernières années, le secteur des voitures de collection (+334% de 2007 à 2017), connaît depuis 2017 un net ralentissement de l’engouement des investisseurs avec une croissance annuelle qui plafonne à 2%.

L’Immobilier de prestige
Pour mesurer l’évolution du marché immobilier de prestige, notre partenaire Knight Frank a développé son indice PIRI 100 (Prime International Residential Index) qui prend en compte la variation des prix d’une année à l’autre pour les 100 sites les plus prestigieux au monde.
Avec une augmentation de 1.3%, 2018 est la plus faible croissance enregistrée depuis 2012. Le repli des villes chinoises entamé en 2017 se confirme. Manille est en tête du classement avec des prix en hausse de 11 %. Le Brexit influence considérablement le marché européen provoquant un recul de la place financière anglaise de 4.4%. Les autres destinations européennes résistent plutôt bien avec trois villes (Edinburg +10,6 %,, Berlin+10,5 % et Munich 10,0 %) dans les cinq plus fortes progressions.

En Suisse, 6 localités figurent dans l’indice PIRI de Knight Frank.

Verbier et Gstaad continuent à s’apprécier (+2.8 et +2%), Lausanne reste stable et les places financières genevoise et zurichoise enregistrent un léger recul cette année, de respectivement -2 et -1%. Saint Moritz marque cette année l’une des plus grosse chute de l’indice avec – 7.5%.

Genève, la 7e ville la plus chère au monde
L’étude dévoile également le palmarès des villes les plus chères au monde en comparant le nombre de mètres carrés que l’on peut avec 1 millions de dollars. Monaco reste à la tête du classement avec 16 mètres carrés pour US$ 1m, l’équivalent d’une chambre à coucher. Hong-Kong (22 m2) est à la deuxième place, suivie de New-York (31m2), de Londres (31 m2), Singapour (36 m2), Los Angeles (39 m2), Genève (41 m2), Paris (46 m2), Sydney (52 m2) et Shanghai (57 m2).

Quartier des Trois-Chêne dynamisé : la voie verte, la nouvelle High Line de Genève
Chaque année, les experts locaux des marchés mondiaux de Knight Frank identifient les zones à fort potentiel de croissance.
Pour Alex Koch de Gooreynd, Chef du bureau Suisse de Knight Frank, le titre revient à la zone des Trois-Chêne, regroupant les communes genevoises de Chêne-Bougerie, Chêne-Bourg et Thonex. Avec l’ouverture du Léman Express qui connectera la cité de Calvin à Annecy, en passant par Thonon et Évian, les communes des Trois Chêne deviennent la nouvelle épine dorsale de la mobilité collective. À l’image de la« High Line » newyorkaise, la voie verte, qui s’étend de la gare des Eaux-vives au Foron via les communes des Trois-Chêne, sera une zone piétonne et piste cyclable. La gare des Eaux-Vives va se métamorphoser pour accueillir une nouvelle Comédie mais aussi des commerces, bureaux et appartements. Aujourd’hui, le prix d’un appartement de 2 chambres aux Trois-Chêne est au minimum de CHF 800’000 et de CHF 1.500 000 pour une maison individuelle de 4 chambres.

Pour Etienne Nagy, CEO, Naef Prestige | Knight Frank, le marché de l’immobilier conserve sa vigueur en 2019.
« L’attractivité de la Suisse reste forte à l’image de sa stabilité politique et économique et dans un climat plus tendu à l’échelle internationale sur le plan des relations commerciales et des tensions géopolitiques, l’immobilier représente toujours une valeur refuge privilégiée. »

Le marché genevois marque une évolution du nombre de transactions prestige

Pour Jacques Emery, Directeur des ventes, Naef Prestige | Knight Frank à Genève, 2018 marque une évolution du nombre de transactions du marché genevois et confirme ainsi le retour de la demande, notamment pour les biens de luxe. Selon l’Acanthe, la valeur totale des transactions sur le marché genevois s’élève à 3’082 millions de francs avec 69% des biens vendus dans le marché résidentiel (1 826 objets à un prix moyen de 1,3 millions de francs). Quant au marché de prestige, il totalise 116 ventes (113 ventes Prestige allant de 4 à 20 millions de francs pour un prix moyen de 7.6 millions de francs et 3 super-prime au-dessus de 20 millions de francs, pour un prix moyen de 25 millions de francs), dont 23% d’entre elles sont au-dessus de 10 millions de francs et 50% comprises entre 5 et 10 millions de francs.
« Le volume de transactions en 2018 atteint 946 millions de francs, un niveau que nous n’avions plus connu depuis 2012 avec une progression de 7% par rapport à 2017 », souligne Jacques Emery. Sans surprise, la rive gauche représente plus de 60% du marché de prestige. Notamment, la commune de Chêne Bougerie, qui a vu son nombre de transactions de biens de prestige doublé et son volume progressé de plus de 200%, totalisant plus de 150 millions de francs à elle seule, avec une vente record à plus de 21 millions de francs.

Le marché de l’arc lémanique
La demande du marché de prestige est également présente sur la riviera vaudoise. Pour Sébastien Rota, Responsable d’agence, Naef Prestige | Knight Frank, « les acquéreurs sont pour la plupart des étrangers, souhaitant bénéficier de la qualité de vie suisse, de sa stabilité, de ses écoles et de ses infrastructures. Ils recherchent des biens avec une vue. » La région de la Côte enregistre le plus grand nombre de transactions dans le marché du Prestige. Il souligne notamment quatre ventes entre 9 et 20 millions de francs. Trois de ces dernières concernent des propriétés « pieds dans l’eau ».Un autre exemple, est la vente du château d’Hauteville, au-dessus de Vevey, vendu à une université américaine, pour un montant légèrement inférieur au prix de 50 millions affiché lors de sa mise sur le marché. Montreux enregistre également quelques transactions entre 7 et 10 millions de francs de propriétés vendues à des clients suisses et étrangers.

Le marché des Alpes – Villars et Verbier en tête
Berceau des stations de ski les plus anciennes et les plus attractives de la planète, les Alpes continuent de générer un engouement à l’échelle internationale. Pour Annabelle Common, Responsable des ventes région Alpes, Naef Prestige | Knight Frank, les chutes de neige record et une augmentation des investissements dans les infrastructures ont contribué à la hausse de la demande dans les Alpes l’an dernier. Néanmoins, la force du franc suisse et les règlementations sur l’acquisition d’un bien en montagne sont une des raisons du ralentissement de l’activité dans certaines stations suisses.
Selon les résultats de l’indice sur l’immobilier alpin (indice qui suit le changement annuel du prix d’un chalet de 4 chambres dans un emplacement central à travers 16 stations de ski françaises et suisses) le marché suisse recule de 0,5% en 2018, soit une baisse moins importante que celle de 1,8% observée en 2017.
Cette année, les stations françaises n’occupent plus les quatre premières places, mais sont détrônées par deux stations suisses Villars (+6%) et Verbier (+3,4%), qui ont vu le nombre de touristes boosté grâce aux récents investissements réalisés tant au niveau des remontées mécaniques, qu’aux hôtels de luxe, ou zones pour débutants et les activités hors ski. Les trois écoles internationales contribuent à la renommée de Villars au-delà de nos frontières. Ailleurs en Suisse, la force du franc a freiné certains acheteurs, comme pour St-Moritz (-11,1%) et Klosters (- 10,7%).
Contrairement aux stations suisses, que l’on retrouve aux deux extrémités du classement, aucune des huit stations françaises suivies par l’indice, n’a enregistré un recul annuel des prix de l’immobilier de luxe.
Dans les années à venir, la demande asiatique pourrait changer le visage mondial du ski. Le taux élevé de création de richesse en Asie et une propension grandissante des asiatiques à voyer parmi les ressortissants les plus fortunés, ainsi que la popularité de plus en plus grande des sports d’hiver, pourrait stimuler la demande à l’échelle mondiale. À elle seule, la Chine souhaite avoir 300 millions d’amateurs de sports d’hiver avant les Jeux Olympiques d’hiver de Pékin en 2022.