Laurence Graff : Les précieuses confidences

Si le feu des diamants a déclenché une passion qui l’accompagne depuis son plus jeune âge, il se consume aussi pour l’art. Une flamme que le président de Graff entretient à travers une collection exceptionnelle.

SLT : Comment êtes-vous devenu diamantaire ?
LG : J’ai quitté les bancs de l’école très jeune pour devenir apprenti joaillier à Hatton Garden. À mes débuts, on m’a prévenu : jamais je n’y arriverais. Ces avertissements n’ont fait que renforcer ma détermination à donner le meilleur de moi-même. À 17 ans, je décide de me lancer professionnellement. J’ai toujours été persuadé que tout était possible quand on le veut réellement. Ma fascination infinie pour les diamants et cette conviction m’ont aidé à avancer dans ma carrière.

Si vous deviez choisir un seul diamant ?
J’ai toujours eu un faible pour les diamants bruts battants tous les records  à l’image du Lesedi La Rona. Ce trésor naturel à l’état brut n’a pas son pareil. Ce n’est pourtant qu’une fois taillé et poli qu’il dévoile son exceptionnelle beauté.

Quel est le plus beau diamant au monde, selon vous ?
Ils sont tous magnifiques — les diamants sont les joyaux les plus précieux qui existent — et les sentiments qu’ils représentent soulignent leur splendeur. Chaque diamant offert avec amour recèle une beauté absolue.

Un moment-clé de votre existence ?
La création de Graff, dans les années soixante, a marqué un tournant dans ma vie. À cet instant, mes ambitions ont pris une forme concrète, palpable. Je venais de créer une marque vouée à être reconnue pour ses diamants. Je n’ai jamais regretté cette décision.

 

Intervenez-vous dans le choix de la taille des pierres ? Si oui, de quelle manière ?
Les pierres brutes nous content leurs histoires, elles choisissent et nous imposent la taille qu’elles désirent. Chez Graff, nous faisons confiance à l’analyse des meilleurs gemmologues et à l’expertise de nos diamantaires. Vous pouvez penser tout connaître d’une pierre, mais vous ne pourrez en être sûr qu’avec l’avis d’un expert. Lors de la taille d’une gemme brute, nous recherchons la beauté de la forme et tenons compte de tous les facteurs : poids, proportions, clarté, couleur, symétrie et polissage.

Vous êtes l’heureux propriétaire du Lesedi La Rona, le plus imposant diamant brut jamais découvert, après le Cullinan et le Sergio. Quel destin entrevoyez-vous pour cette gemme d’exception ?
Comme annoncé récemment, les premiers diamants Lesedi La Rona seront révélés dans les mois à venir. Dédiée à la taille et au polissage de cet illustre diamant, l’année qui s’achève fut passionnante. Nos clients peuvent désormais chérir leur propre éclat d’histoire du diamant. Le Lesedi La Rona a donné naissance à plus de 60 diamants taillés, allant de moins d’un carat à plus de 100, autant de joyaux singuliers.

Quelle place l’art occupe-t-il dans votre vie ?
C’est l’une de mes plus grandes passions. Je suis un collectionneur, j’adore m’offrir de beaux objets, qu’il s’agisse de diamants spectaculaires ou d’œuvres d’art iconiques.

Si vous deviez choisir une seule œuvre ?
J’en serais incapable. Ma collection renferme des œuvres d’artistes modernes et contemporains. Plutôt que de me contenter d’une seule œuvre, j’aime écouter ce que mon cœur me dicte et n’acquérir que les pièces envers lesquelles j’éprouve une profonde connexion.

Certains artistes, comme Cy Twombly, vous ont inspiré pour la création de bijoux. Envisagez-vous de nouvelles collaborations ?
Le monde de l’art a toujours été une grande source d’inspiration, pour moi comme pour les créateurs de Graff. De nombreuses pièces ont ainsi déjà vu le jour et de nombreuses autres suivront. Patience, vous découvrirez bien assez tôt nos nouvelles inspirations !