Raymond Loretan : Ambassadeur de l’excellence horlogère

Si vous deviez qualifier le Grand Prix de l’Horlogerie de Genève en quelques mots, quels seraient-ils ?
RL : Une formidable plateforme de promotion de l’industrie horlogère dans toute sa diversité, avec  sa créativité, son ingéniosité, son savoir-faire et la magie de la mesure du temps.

Quel regard portez-vous sur Carlo Lamprecht, votre charismatique prédécesseur ?
Carlo est avant tout un ami, je porte sur lui un regard d’admiration et de profonde reconnaissance pour le travail accompli ! Il est rare de rencontrer une personnalité avec tant d’élégance, dans tous les sens du terme.

À quelles nouveautés faut-il s’attendre pour le GPHG 2018 ?
Concrètement,  deux  nouveaux prix, l’un nommé Audace, qui récompense la liberté créative et le second, Challenge qui honore l’excellence à petit prix. Le GPHG a pour mission de récompenser l’excellence, à tous les prix. Nous essayerons d’amener plus de fluidité dans la cérémonie. Enfin nous travaillons dans les coulisses à une nouvelle formule pour les années à venir.

Souhaitez-vous intégrer de nouvelles marques horlogères suisses à la compétition ?
Le GPHG a une vocation  universelle et s’adresse à toute l’horlogerie suisse et internationale, donc bien sûr ! Nous voulons élaborer un modèle de Grand Prix qui attire les maisons horlogères aujourd’hui absentes.

Le Grand Prix de l’Horlogerie dans 10 ans ?
Les Oscars ou les Césars de l’horlogerie mondiale. Nous réfléchissons à la création d’une Académie avec un nouveau mécanisme de sélection qui renforcerait l’effet fédérateur du GPHG sur la branche. Il gagnerait en attractivité et en représentativité.

Combien de temps pensez-vous occuper le poste de Président du GPHG ?
Drôle de question, je viens de commencer, je ne pense donc pas encore à la fin. Il faut seulement savoir  se remettre régulièrement en question. En politique, les périodes sont de quatre à cinq ans renouvelables une ou deux fois. C’est une bonne règle.

Selon vous, que représente le Grand Prix pour les marques horlogères ?
Notre USP (unique selling proposition), c’est d’offrir une vitrine médiatique exclusive de ce qu’il y a de mieux dans la branche. Nous sommes un exceptionnel instrument de promotion de  l’industrie tout entière. À l’instar des Oscars ou du  Festival de Cannes, indépendamment de qui gagne, c’est l’excellence et la vitalité de toute une industrie qui sont mises en valeur. Le GPHG a ainsi acquis ses lettres de noblesse à travers une cérémonie reconnue et attendue, devenue incontournable dans le monde horloger. Chaque année, nos expositions itinérantes qui présentent les 72 montres présélectionnées en Suisse et dans le monde, contribuent également à la visibilité des marques.

Issu de la diplomatie, vous êtes aussi l’ambassadeur du GPHG lors des expositions internationales des montres présélectionnées. Comment abordez-vous cette facette du métier ?
Avec le plaisir de renouer avec mon métier de base. Nous continuerons à nous concentrer sur les marchés, établis ou en développement, qui intéressent les marques en priorité. Nous allons nous réintéresser à l’Europe qui reste une clientèle importante et étudions une ouverture sur l’Asie centrale sans oublier la Suisse, Zurich et Lugano par exemple.

Comment passe-t-on de la diplomatie et de la politique à l’horlogerie ?
En réalité, on ne passe pas d’une chose à l’autre, on ajoute une corde à son arc. Mon parcours professionnel est lié à la promotion de la Suisse et de son économie. Au cours de mes 10 ans comme Ambassadeur, d’abord à Singapour puis à New York, mes contacts avec les acteurs du monde horloger étaient fréquents.

Êtes-vous un collectionneur de montres ?
Ni de montres ni d’autres choses. Pour moi, tout passe. Mais j’apprécie la visite d’un musée comme le magnifique Musée d’Horlogerie à la Chaux-de-Fonds,

À quel âge avez-vous reçu votre première montre ?
Franchement, je ne m’en souviens plus. Mais je me rappelle le moment où mon père m’a donné sa plus belle montre.

Quel-modèle était-ce ?
Une Piaget de la fin des années 50, ultraplate, que j’ai depuis passée à mon fils.

Vos fonctions d’Ambassadeur et de Consul vous ont amené à vous installer à Singapour et à New York mais également à beaucoup voyager. Quel pays vous a conquis ?
À chaque fois celui où je me trouvais. J’ai toujours évité de comparer pour mieux apprécier l’expérience du moment. Chaque lieu a son propre génie.

Que fait Raymond Loretan lorsqu’il ne siège pas à un conseil d’administration ?
Il cultive son jardin. 

Grand Prix de l’Horlogerie de Genève 2018  :
9 novembre 2018
Théâtre du Léman