Soraya Bakhtiar: La mode sur le bout des doigts

Des femmes de sa famille qui sont peintres, poétesses, écrivaines ou archéologues, elle a reçu la créativité et appris la passion. À la manière d’une artiste, la solaire et très influente Soraya Bakhtiar digitalise la mode et distille ses looks auprès de followers chaque jour plus nombreux.

Sur La Terre : Votre première émotion « Fashion  » ? Quel âge aviez-vous ?
Soraya Bakhtiar : Je devais avoir quatre ans, je jouais dans le dressing de ma mère. J’ai le souvenir d’une paire de sandales Sergio Rossi constellées de cristaux, ma mère me disait « tu les porteras quand tu seras grande ».

SLT : Vous avez étudié au London College of Fashion de Londres, pourquoi avoir étudié la mode ?
SB : J’ai fait Psychologie puis Médias et Communication à Genève. Ensuite, je suis partie à Londres pour faire un master en journalisme de mode au London College of Fashion car je voulais travailler dans la presse.

SLT : Comment avez-vous eu l’idée de créer votre blog ?
SB : Parallèlement à mes études, j’écri-vais des articles pour des sites internet et j’ai fait des stages chez Tank Magazine et ELLE. En février 2012, c’était le début du street style, les magazines s’intéressaient aux looks des gens de la rue, particulièrement au moment de la Fashion Week. J’ai assisté aux défilés à Londres et mes looks ont été publiés dans Grazia, le Huffington post, style.com, le New York Time et d’autres encore. J’ai été la première surprise ! C’est une amie qui m’a alors poussée à créer un blog.

SLT : Vous avez 107 000 followers et ça ne cesse de grimper, qui sont les personnes qui vous suivent ?
SB : Au départ ce sont mes amies et leurs mères branchées. Aujourd’hui, ce sont surtout des femmes qui vivent à Londres, Genève et Dubai, elles ont entre 25 et 35 ans et aiment mélanger les styles, les couleurs et les marques.

SLT : Y a-t-il eu un évènement qui a accéléré votre succès ?
SB : J’ai commencé mon blog à Londres, puis suis rentrée à Genève. Il n’y avait pas encore d’influencers ici, c’est là que mon activité a décollé. À présent, je suis de retour à Londres, car, il y a deux ans, une agence anglaise a souhaité me représenter auprès des maisons les plus prestigieuses.

SLT : Quelles sont les marques qui vous font confiance ?
SB : Chanel, Bulgari, Topshop, Burberry, Nike, ce sont des marques avec qui je collabore régulièrement.

SLT : Où trouvez-vous votre inspiration ? Comment créez-vous vos looks ?
SB : Je m’inspire de mes voyages. J’aime rapporter des caftans de Dubai et les porter à la manière d’un kimono sur un tee-shirt ou me chausser de sandales grecques. Je choisis mes looks tout simplement, au réveil j’adopte la pièce que je veux porter et je me construis un look autour de celle-ci.

SLT : Quels sont vos projets ?
SB : Mon autre passion après la mode, c’est le parfum. Il complète une allure et reflète la personnalité. J’ai quelques idées et projets autour de ça. Affaire à suivre…

SLT : Est-ce qu’un défilé vous a particulièrement marqué lors de la présentation des collections automne-hiver ?
SB : J’ai adoré les jeux de matières, textures, fourrures et plumes chez Prada et, chez Balenciaga, le côté street, avec ses sweats et ses jeans. Pas très féminins, mais résolument tomboy.

SLT : Comment résumer la tendance de la saison ?
SB : Plusieurs tendances se dégagent, mais on relève l’importance des matières qui sont très tactiles et donnent du relief aux vêtements, aux accessoires, et projettent un style ethnique.

SLT : L’accessoire indispensable de la saison ?
SB : Le sac en fourrure/fausse fourrure et le Gavroche.

SLT : Les chaussures de la saison ?
SB : Les cuissardes. Pourquoi pas bordeaux ?

SLT : Quels bijoux porterez-vous cet automne ?
SB : Des grosses boucles d’oreilles, voire très grosses, à porter avec un col roulé.

SLT : Citez un must-have indémodable ?
SB : J’ai des pièces basiques et intemporelles que je ressors à chaque saison. Le jean levis, la basket blanche, le blazer noir bien coupé un peu oversized, les petits pulls classiques en cachemire, et le manteau gris ou camel ceinturé.

SLT : Le comble du mauvais goût ?
SB : Nous avons tous des goûts et des personnalités différentes, en cela le mauvais goût n’existe pas. En revanche, porter des vêtements qui ne nous mettent pas en valeur, sous prétexte qu’ils sont à la mode, m’apparaît comme être une faute de goût.

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Instagram: @sorayabakhtiar